Les courriers de l’Empereur

Napoléon ordonne à son neveu, le comte de Lavalette, d’instaurer un nouveau système de communication reposant sur l’homme. Ce travail est titanesque : l’empire, en plus des 113 départements français, se compose d’une multitude de royaumes satellites. Les frontières fluctuent au rythme des campagnes. Lavalette mise sur les cavaliers.

Officiers d’ordonnance et estafettes deviennent les nouveaux « courriers de l’empereur ». Le corps des estafettes donne à Napoléon les moyens de réaliser ses ambitions politiques et militaires. Dès 1805, les courriers traversent villes et campagnes, semant les fameux « bulletins de la Grande Armée », récits des victoires de l’empereur. Pour la première fois, la notion d’horaire fait son apparition, anticipant le chemin de fer. Dorénavant, le courrier parcourt la distance de Paris à Naples en huit jours, soit à une vitesse moyenne de 20 kilomètres heure.

La fonction d’estafette prend toute son importance lors des campagnes militaires. Nombre de ces estafettes sont d’anciens postillons, recrutés directement aux alentours du champ de bataille. Leur connaissance du terrain est alors mise à profit, au point que l’empereur emmène toujours une estafette pour ses reconnaissances.

Napoléon privilégie les mouvements rapides et la surprise. Il veille à maintenir sa stratégie secrète. « L’ennemi doit ignorer ce que nous faisons », répète-t-il sans cesse à ses maréchaux. Le rôle du messager devient alors prépondérant. Simple soldat, sous-officier ou officier, il est investi de la confiance des chefs pour aller porter les ordres. Homme de bravoure, il fonce à travers la mitraille, les boulets et les charges ennemies. Les pertes sont lourdes.

Pour garantir l’acheminement des ordres, Napoléon envoie jusqu’à huit officiers d’ordonnance par des itinéraires différents. Ce procédé devient l’une des clés des victoires célèbres, à Ulm, à Austerlitz mais aussi à Montereau, grâce au courage et à l’opiniâtreté des estafettes.

Napoléon, en fin politique, a parfaitement compris l’importance des communications. Pourtant, l’empereur est confronté aux distances de plus en plus vastes de son empire. A mesure que les nations soumises relèvent la tête, l’insécurité gagne les routes. Après onze années de services exceptionnels, le corps des estafettes montre ses premières failles. La tentative du coup d’État de Malet pendant la campagne de Russie, ou encore la perte de messages lors de la défaite de Waterloo, révèlent les limites d’un système qui ne survit pas au premier Empire.

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