Le télégraphe électrique et le téléphone

Après la période napoléonienne, le télégraphe de Chappe vivra encore quelques belles heures lors de l’aventure coloniale française, notamment à l’occasion de la conquête de l’Algérie puis durant la guerre de Crimée. Le dernier message transmis par ce moyen, le 10 septembre 1855, annonce à la France la prise de Sébastopol par les Alliés.
A partir de 1844, le télégraphe optique est progressivement remplacé sur le territoire français par un autre télégraphe, électrique celui-là, associé à l’alphabet Morse pour la transmission des messages. Le 24 mai 1844 est inaugurée la première ligne de télégraphe électrique entre les villes de Washington et de Baltimore, distantes de 60 kilomètres. Dix ans plus tard, 37 000 kilomètres de lignes télégraphiques sillonnent l’Amérique. En 1880, huit ans après la mort de Samuel Morse, ce sont 160 000 kilomètres de câbles sous-marins qui traversent les océans.

 

En France, c’est en Algérie que le télégraphe électrique est utilisé à des fins militaires pour la première fois. La gestion et l’exploitation sont assurées par le personnel de l’administration du télégraphe, relevant du ministère de l’intérieur. Une partie du personnel de cette administration est ainsi militarisée en cas de guerre, pour former les unités de « La Bleue », appellation liée à la couleur des parements de l’uniforme porté par ce personnel. C’est en souvenir de ces unités que l’arme des transmissions adoptera le « bleude-ciel » comme couleur de tradition.

Convaincu de pouvoir transformer les ondes sonores de la parole en impulsions électriques, Graham Bell réalise son rêve en 1876, en déposant son premier brevet : c’est un téléphone. L’invention connaît rapidement un succès retentissant qui aboutit en 1877 à la création de la compagnie téléphonique Bell.

 

C’est en 1878 que la ville de Paris, profitant de la tenue de l’exposition universelle, se dote d’un important réseau urbain. Les premières lignes interurbaines, entre grandes villes de France, sont installées en 1884.

En 1890, la France compte 10 000 abonnés au téléphone et c’est en 1894 que l’armée française utilise pour la première fois le téléphone au cours de grandes manoeuvres. Il faudra attendre les années 1920 pour voir apparaître les premiers centraux téléphoniques automatiques et la fin des années 1970 pour leur généralisation.

 


C’est dire que sur la fin du XIXe siècle et sur une bonne part du XXe, les centraux téléphoniques hébergent un nombre important d’opératrices très qualifiées. Au début du téléphone, celles-ci étaient appelées demoiselles du téléphone, car recrutées exclusivement parmi des jeunes filles célibataires, dont l’éducation et la morale étaient irréprochables. Elles perdaient généralement leur emploi lorsqu’elles se mariaient. Des concours d’efficacité sont alors organisés pour améliorer la qualité du service : on met en compétition des opératrices pour assurer le maximum de connexions à l’heure. Les records sont de l’ordre de 400 établissements de connexion par heure, ce qui correspond à une communication toute les dix secondes.

 

 

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