La Seconde Guerre mondiale

Les leçons de la débâcle de 1940 débouchent sur une nouvelle doctrine d’emploi des transmissions. L’incapacité du haut commandement militaire à transmettre des ordres en mai et juin 1940, pour réagir à une guerre de mouvement imposée par les Allemands, a été analysée comme l’une des causes principales de la défaite. L’arme des Transmissions, distincte de l’arme de Génie, est créée le 1er juin 1942.

Cette même année 42, le débarquement allié en Afrique du Nord entraîne l’invasion de la zone libre par l’armée allemande et la fin de l’armée d’armistice. Les transmetteurs vont reprendre le combat, successivement dans les campagnes de Tunisie, d’Italie, de France puis d’Allemagne.

Afin de privilégier l’engagement des hommes au combat et pallier le manque de cadres spécialisés est créé, le 18 décembre 1942, le Corps Féminin des Transmissions (CFT). Ses membres sont surnommées « Merlinettes », en référence au colonel Merlin, alors commandant des transmissions en Afrique du Nord. Les premières Merlinettes, au nombre de 150, sont engagées lors de la campagne de Tunisie : elles sont centralistes téléphoniques, exploitants télégraphie et exploitants radio. Elles participent ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France. Certaines comme Elisabeth Torlet ou Marie-Louise Stoessel prendront part à des opérations spéciales. Parachutées en zone occupée, elles paieront souvent de leur vie leur engagement. En 1945, à la fin de la guerre, l’armée de terre compte plus de 2 000 « Merlinettes ».

Le corps expéditionnaire français en Italie, commandé par le général Juin, illustre bien l’emploi fait des systèmes de transmissions d’alors : avant les offensives, les liaisons sont assurées presqu’exclusivement par des lignes filaires, pour des raisons de discrétion. Les émissions radio et faisceaux hertziens des troupes ennemies sont écoutées attentivement. Les postes de goniométrie français accompagnent les troupes de mêlée, afin d’intercepter les émissions de l’ennemi et de décrire son système de commandement.

Durant l’offensive, les liaisons radio prennent le relais des réseaux filaires. Dès le début de la guerre et la création de l’armée de l’armistice, tous les moyens sont mis en oeuvre pour échapper au contrôle des conventions d’armistice et préparer la reprise des hostilités. De jeunes transmetteurs vont ainsi s’engager dans la Résistance française, pour redonner à la France sa liberté. Les commandants Labat, Romon et Leschi illustrent ces multiples figures de transmetteurs résistants, dont beaucoup paieront de leur vie leur refus du renoncement. Sur la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce sont 5 000 transmetteurs, répartis dans 21 compagnies, qui participent à la reconquête du territoire national.

 

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