La période contemporaine

Révolutions technologiques et opérations extérieures

 

Le début des années soixante est marqué par une recherche scientifique et technologique poussée. L’essor de l’électronique assure notamment le développement en continu des systèmes de maîtrise de l’information.

On assiste ainsi à la mise au point des premiers circuits intégrés qui permettront la mutation vers les systèmes numériques (passage de l’analogique au numérique), à l’entrée en force des premiers calculateurs électroniques commerciaux (apparition du terme « informatique » en 1962), à la réalisation des premières retransmissions de télévision par satellite.

La France devient à ce moment une puissance nucléaire indépendante, développant une stratégie de dissuasion qui lui est propre. Elle doit se doter de moyens spécifiquement militaires de transmission des ordres. Les événements de mai 68 accélèrent cette réalisation en mettant en évidence la nécessité de disposer de lignes militaires indépendantes des circuits PTT, en particulier pour activer la Défense opérationnelle du territoire (DOT). Le RITTER (Réseau d’Infrastructure des Transmissions de l’Armée de Terre) va naître.

Dans le domaine des télécommunications militaires tactiques, ces années constituent également le point de départ d’études fondamentales qui déboucheront au début des années 80 sur la mise en service du système RITA (Réseau Intégré de Transmissions Automatique), premier système opérationnel automatique et sécurisé bénéficiant de la commutation numérique.

 

C’est également au début de cette période que la cryptologie commence à sortir du champ strictement militaire pour entrer dans le domaine public. L’informatique, les réseaux et la croissance exponentielle des échanges de données génèrent de nouvelles vulnérabilités. Des procédés modernes de cryptologie voient le jour, permettant d’assurer la protection de l’information et la confidentialité des échanges.

A partir des années 70, refusant de considérer le monde bipolaire comme une fatalité, la France en tant que grande puissance et membre permanent du Conseil de sécurité, affirme sa présence et réalise des actions militaires extérieures, soit dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies, soit dans le cadre d’accords de défense, notamment avec certains pays africains : en 1978, elle intervient à Kolwezi (Congo) ; en 1980, en Centrafrique (opération Tacaud) ; de 1984 à 1992, au Tchad (opération Manta, puis Epervier à partir de 1986) ; de 1978 à 1991, lors de la guerre du Liban ; en 1986, au Togo (opération Verdier) ; en 1989, aux Comores (opérations Oside et Castor). Dans ce cadre d’emploi, à partir de 1984, le 28ème puis plus tard le 18ème Régiment de transmissions, d’Orléans et d’Épinal, intégrés dans la Force d’Action Rapide (la FAR), fournissent à cette grande unité les moyens rapides et mobiles qui lui sont nécessaires pour assurer ses besoins en liaisons. Capable d’intervenir à plusieurs milliers de kilomètres du territoire national, le système de télécommunications mis sur pied relie le commandement de la force engagée avec ses unités sur le terrain, mais aussi avec le haut commandement national et les forces de l’alliance.

 

Puis c’est la première guerre du Golfe, qui constitue le point de départ d’une nouvelle mutation technologique. Lors de l’opération Daguet, le système RITA 1G, qui couvre tout le théâtre d’opération, et le système satellitaire SYRACUSE 1 constituent le coeur du système de télécommunications de la division Daguet. L’interopérabilité entre le système français RITA et le système tactique américain facilite l’interconnexion des réseaux de communications. Ce conflit et ceux qui suivront vont mettre en évidence, lors des opérations en dehors de nos frontières, la nécessité d’employer des moyens de communication mobiles, fiables et compatibles avec les systèmes de nos alliés, pour permettre l’exercice du commandement et fluidifier la manoeuvre.

 

L’ensemble de ces capacités vont pleinement s’appliquer dans le règlement des conflits dans les Balkans. Les forces françaises y interviennent sous mandat ONU en 1992, puis dans le cadre de l’OTAN en 1996, pour séparer les belligérants, rétablir la paix et aider les différentes ethnies à cohabiter.

Un réseau tactique de zone (le RITA) pour couvrir la zone d’opération et relier entre eux les postes de commandement et raccorder les mobiles ; des équipements satellitaires pour assurer le lien entre le théâtre d’opération et la métropole, et offrir d’importants débits ; des réseaux radio pour donner les ordres aux bataillons sur le terrain et recueillir leurs comptes rendus de situation ; une desserte complète des postes de commandement en téléphonie, télégraphie, visioconférence et en réseaux informatiques opérationnels, voilà ce que les transmetteurs conçoivent, installent et exploitent au quotidien, à partir d’équipements uniquement militaires, fiables et sécurisés, les infrastructures de communication locales étant dégradées et peu sûres.

 

 

 

 

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